Vergers de Kergroahan, nouveau Refuge LPO !

Publié le lundi 26 novembre 2018

Les Vergers de Kergroahan (22) intègrent le réseau des Refuges LPO.

Le réseau des Refuges LPO s’est enrichi de 7 ha plantés de pommiers par Anne et David Roussier, à Kergroahan dans les Côtes d’Armor. Les héritiers de la célèbre distillerie Warenghem, de Lannion, marquent ainsi leur volonté de lutter contre la perte de biodiversité. Leur démarche, validée par Gilles Bentz de la Station ornithologique LPO à l’Ile Grande, s’accompagne de la pose de 30 nichoirs.

Une douce ambiance automnale baignait de soleil l’immense verger non traité sur lequel veille Gilles Leyzour, ancien patron de la distillerie. C’est lui qui supervisera l’implantation des nichoirs dont les orifices dirigés vers l’est ont été soigneusement calibrés en fonction de leurs hôtes : mésange bleue Cyanistes caeruleus, mésange charbonnière Parus major, pinson des arbres Fringilla coelebs. L’opération qui ressemble à un jeu d’enfant cache un enjeu de taille : « La perte des oiseaux communs fait réagir les gens.

La LPO fournit les conseils pour intégrer le réseau des Refuges LPO dont le premier a été inscrit en 1921 ! 25 000 terrains sont labellisés Refuges LPO en France. Cela équivaut à 40 000 ha préservés », résume Gilles Bentz. Les 7 ha tonquédois cernés de haies et indemnes de pesticides et de chasse à la campagne sont les bienvenus car ils abritent au moins une centaine de pollinisateurs sauvages. Les oiseaux seront les insecticides naturels du verger lorsqu’ils se nourriront des chenilles.

Un réseau actif

C’est une notion de réseau qui a mis en relation Gilles Bentz et Jean-Claude Féru lors des malheureuses marées noires bretonnes. De même, la démarche en réseau aboutit à la mise en réserve ornithologique de la propriété tonquédoise d’Anne et David Roussier, à Kergroahan.

« Jean-Claude Féru fait un travail formidable auprès des écoliers pour les initier à la beauté des oiseaux. Il a contribué à placer l’école communale en réserve. Un autre couple fait de même à Rugulaouen », note Anne. « Cet enchaînement place Tonquédec en tête des communes mobilisées », plaisante Jean-Claude Féru, qui aimerait très vite créer une structure associative des jardins écologiques costarmoricains. « Intégrer le réseau des Refuges LPO concerne même les gens qui ne disposent que d’un balcon », argumente Gilles Bentz. Reste à Gilles Leyzour et à ses enfants d’assurer le suivi du refuge : entretien méticuleux des nichoirs, comptage des nichoirs occupés, succès des couvaisons…

Source : le Télégramme - 25 novembre 2018