Robert Pleynet, CAUE de la Drôme

Robert Pleynet, Chargé de mission – Coordinateur des missions « Collectivités Locales » au CAUE de la Drôme, répond à nos questions concernant la collaboration initiée en décembre 2014 avec la LPO Drôme sur la prise en compte de la biodiversité dans les documents de planification communaux.

Comment se traduit sur le terrain la collaboration avec la LPO Drôme ?

« L’objectif initial du partenariat visait à :

  • diffuser une sensibilisation faite par des spécialistes
  • améliorer la rédaction des cahiers des charges des PLU* puis des PLUi*
  • identifier les ressources locales

Cette collaboration repose majoritairement sur la sensibilisation des élus. Lors de la préparation du cahier des charges de PLU, plusieurs réunions (5 à 6) sont organisées pour présenter aux élus les différents enjeux (agriculture, commerce, habitat, formes urbaines, biodiversité,…). Pour le volet biodiversité, c’est la LPO Drôme qui anime la réunion. Leur bonne connaissance du terrain et des enjeux ainsi que leur pédagogie sont très appréciées et ils commencent à faire écho dans le département auprès des autres collectivités.

Leurs modalités d’intervention varient suivant les communes et s’appuient soit sur les salariés de l’association, soit sur des bénévoles aguerris.

Pour répondre à la demande, la LPO propose d’apporter une réponse graduée :

  • Communes avec enjeux fort de biodiversité et pression urbaine
  • Communes avec pression urbaine mais enjeux de biodiversité déjà bien identifiés
  • Communes avec enjeux de biodiversité mai peu de pression urbaine.

Sur les secteurs non prioritaires, la LPO transmet le diaporama qui est présente par le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE). »

Quelle est la plus-value de la LPO sur le sujet de la planification ?

« La LPO sait parler de biodiversité de façon concrète et précise, dans un contexte de Trame Verte et Bleue (TVB), en s’appuyant notamment sur la base de données historiques naturalistes qu’elle alimente. La force du CAUE réside dans sa polyvalence mais toute polyvalence a logiquement ses limites, notamment sur le sujet de la biodiversité. L’intervention de la LPO permet donc de manière plus précise de traduire et de contextualiser les enjeux, notamment ceux du Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE). D’une manière générale, la LPO apporte des connaissances naturalistes plus complètes. »

Quels sont les freins et les leviers pour intégrer la biodiversité dans les documents de planification ?

« Il existe trois freins principaux :

  • Le nombre de thématiques à prendre en compte est si élevé que la biodiversité ajoute de la complexité pour les élus, qui hésitent encore parfois à se faire accompagner sur ce volet.
  • Les compétences des bureaux d’études en matière de biodiversité, seront réellement déterminantes. En effet, les bureaux d’études doivent multiplier leurs compétences au sein de leurs équipes (architectes, urbanistes, paysagistes, environnementalistes,…) et il est encore difficile d’arriver à toutes les regrouper.
  • L’absence d’évaluation sur la prise en compte de la biodiversité dans les PLU élaborés.

Concernant les leviers, il est clair que le PLUi est une échelle pertinente pour intégrer au mieux la biodiversité dans la démarche de planification. Cela permet une vision plus cohérente des continuités écologiques en couvrant un plus grand nombre de communes. A contrario, l’éloignement de l’échelle communale risque de limiter le nombre d’élus sensibilisés à cette occasion.

En conclusion, cette réflexion aux multiples échelles peut être perçue à la fois comme un levier mais aussi comme un frein. »

*Plan Local d’Urbanisme
*Plan Local d’Urbanisme Intercommunal