Refuge LPO en Charente-Maritime

Refuge LPO « des vieux marins »

Situé à Rochefort (17), en bordure de marais mais à proximité de la ville, notre Refuge a été créé en 2012 sur une parcelle de 2000 m². Construite en 1898, cette ancienne ferme maraîchère se compose d’une maison principale en pierres et briques, de dépendances, d’un préau, de murs en pierres et d’un jardin en deux parties d’environ 1500 m². Inoccupée depuis 20 ans, elle est actuellement en cours de restauration. De nombreux oiseaux nichent dans les cavités naturelles des bâtiments qu’ils préfèrent aux nichoirs artificiels : hirondelles rustiques, rougequeues noirs, martinets noirs, moineaux friquets, et même une Effraie des clochers qui s’est installée dans le grenier peu de temps après notre emménagement !

Crédit : Stéphanie Bérens
Crédit : Stéphanie Bérens

Composé d’un verger, d’un potager, d’une pelouse, d’une haie diversifiée et d’une prairie, le jardin est entretenu de la manière la plus naturelle possible, sans produits chimiques. La "gestion différenciée" visant à laisser des zones en fauche tardive, outre le gain de temps généré par la réduction de la surface à tondre, permet d’abriter une faune diversifiée : papillons, merles noirs, chardonnerets élégants, mésanges bleues, hérisson d’Europe, lézards des murailles, batraciens, etc. Les orchidées sauvages ont poussé spontanément sur les zones qui n’étaient plus tondues. En été, la présence des moustiques due à la proximité des marais fait le bonheur des chauves-souris qui viennent tournoyer au-dessus du jardin à la tombée de la nuit. En hiver, les rougegorges, mésanges bleues, viennent se nourrir à la mangeoire remplie de graines de tournesol.
La cabane des enfants, perchée dans un vieux cerisier, sert aussi d’observatoire. Ainsi, tous les ans en janvier et en mai, ils comptent les oiseaux qu’ils voient et saisissent leurs données sur le site de l’observatoire des oiseaux des jardins qui est toujours une activité très appréciée des enfants et qui s’est pérennisée avec la période de confinement que nous venons de vivre.
Cette année le compost, nous a permis, outre la réduction du volume de déchets organiques, d’agrandir le potager en créant des bacs supplémentaires, avec une terre hyper fertile, et des graines de tomates et de courges qui ont poussé spontanément ! Pour la 1ère année, nous avons pu récolter des melons charentais mais aussi des carottes, courgettes, brocolis, salades, aubergines, concombres, betteraves, sans aucun apport de terreau industriel !
Le panneau Refuges LPO visible depuis la rue, interpelle de nombreux promeneurs qui s’interrogent sur la finalité de cette démarche. C’est souvent l’occasion d’engager la discussion autour des modes de gestion du jardin et de partager l’émerveillement que nous apporte la Nature au pas de notre porte.

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Texte : Stéphanie Berens LPO
Photos : Alexis Orseau