Suivi d’une colonie de martinets noirs au château de Chambord

Une espèce protégée sous haute surveillance

La LPO surveille la colonie de martinets noirs du Château de Chambord, une espèce d’oiseau qui revient d’Afrique pour nicher chaque année en été dans le Loir-et-Cher.

Qui est le martinet noir ?

Le martinet noir Apus apus est une espèce d’oiseau protégée, étroitement liée au bâti.
Cette espèce hiverne en Afrique et revient chez nous en avril pour nicher et élever ses petits durant l’été. Les martinets noirs sont uniquement adaptés à la vie aérienne et passent toute leur vie dans le ciel. Ce sont les seuls oiseaux capables de dormir, boire, manger, lisser leurs plumes et même s’accoupler en volant.
Comme ils font leurs nids dans les bâtiments, ils dépendent complètement de l’Homme. C’est une espèce inféodée au bâti et aux activités humaines, mais contrairement à l’hirondelle, les martinets ne salissent pas les façades et ne laissent pas de traces.
La disparition progressive des sites de nidification des martinets est une des plus grosses menaces qui pèsent actuellement sur cette espèce, car les travaux de ravalement de façades, de restauration et de rénovation des vieux quartiers font malheureusement disparaître les anfractuosités qui lui sont nécessaires pour nicher. De plus, les matériaux modernes rendent souvent les nouveaux bâtiments hostiles et inhabitables pour les espèces cavernicoles dont fait partie le martinet noir. Le bâti moderne et les façades lisses ne présentent pas assez de cavités et d’anfractuosités nécessaires à l’installation de cette espèce. Bien souvent, la pose de nichoirs est nécessaire pour protéger les colonies.

Le martinet noir adulte porte une petite tache blanche sous la gorge, quasiment invisible en vol © Kent Hagan LPO Paca
Le martinet noir adulte porte une petite tache blanche sous la gorge, quasiment invisible en vol © Kent Hagan LPO Paca

Un suivi réalisé par la LPO Loir-et-Cher

La LPO Loir-et-Cher (41) porte une attention particulière aux martinets avec l’aide de l’association SOS Martinets basée à Amboise (37) qui œuvre pour la protection des martinets dans la Région Centre. A Chambord, les martinets font leurs nids en grande majorité dans des petits trous ronds qui se trouvent à distance régulière dans les pierres des corniches. L’origine et l’usage de ces trous restent un mystère, mais on suppose que ce sont certainement des trous réalisés par l’Homme dans le passé pour une raison précise.
Sur les 54 nids de martinets noirs découverts en 2018 par la LPO, l’équipe à suivi dans le court délai dont elle disposait et malgré les conditions venteuses, l’occupation de 39 nids existants. Les nids sont séparés en deux colonies, une à l’est l’autre à l’ouest. Il s’agit d’un pourcentage très élevé, ce qui laisse à penser que cette colonie est de première importance dans le département.
En 2020, la colonie comportait un nombre d’oiseaux nicheurs stable : 52 nids étaient occupés.

Localisation des deux colonies de martinets noirs (Apus apus) à Chambord © LPO Loir-et-Cher
Localisation des deux colonies de martinets noirs (Apus apus) à Chambord © LPO Loir-et-Cher

Chambord est devenu Refuge LPO

En plus du suivi des martinets noirs pas les ornithologues, le château de Chambord est parallèlement devenu un Refuge LPO en décembre 2018. La LPO a signé une convention de partenariat avec les responsables du domaine de Chambord afin de sensibiliser et travailler de concert pour protéger non seulement les martinets noirs mais aussi plus largement la faune et la flore sauvages sur le bâti mais aussi sur les espaces verts du château afin de préserver des zones naturelles et sauvages. Les écosystèmes et les insectes volants sont préservés et ils contribuent à la viabilité de cette colonie de martinets noirs.
Les martinets noirs ajoutent encore de la vie à ce château et les touristes ne se lasseront pas de les admirer pendant la centaine de jours où ils sont présents en France ! Les martinets repartent très tôt dans l’année, dès la mi-juillet, vers leurs aires d’hivernage situées en Afrique de l’ouest, au sud du Sahara.

Martinet noir (Apus apus) en vol © Aurélien Audevard
Martinet noir (Apus apus) en vol © Aurélien Audevard