Château de Taillebourg

Depuis 2015, le château de Taillebourg (17) est inscrit en Refuge LPO. De nombreuses actions ont été mises en place, notamment la fauche tardive au pied des fortifications.

Un site à fort potentiel

Le site de l’ancien château de Taillebourg se trouve en Charente Maritime, le long de la Charente, entre Saintes et Rochefort. Le secteur est particulièrement riche puisqu’on retrouve des prairies inondables inscrites en zone Natura 2000, des coteaux secs ainsi que des espaces boisés. Au pied des anciennes fortifications, une zone était totalement tombée dans l’oubli. La municipalité a ainsi souhaité valoriser cet espace, afin notamment que les habitants puissent se le réapproprier. La décision a donc été prise d’y aménager un verger patrimonial et d’inscrire le site en Refuge LPO.

La gestion différenciée au service de la biodiversité

Après un diagnostic du site réalisé par la LPO, plusieurs actions ont été proposées comme la réalisation d’un muret de pierre à aromatiques, la plantation d’une haie arbustive basse ou encore la disposition de tas de bois mort.
Une des principales actions du plan de gestion a été l’application d’une démarche de gestion différenciée sur l’ensemble du site. Le principe est de créer différents secteurs sur lesquels le rythme de tonte ou de fauche sera personnalisé :

  • Des allées de circulation et quelques îlots sont tondus régulièrement (bien que les passage des promeneurs suffit à retarder la pousse et limiter la fréquence de la tonte), afin de maintenir le côté fonctionnel du site. La tonte rase en partie reste malgré tout intéressante car elle permet l’exportation des végétaux et par conséquent l’appauvrissement du sol en éléments nutritifs, ce qui permet notamment le développement des orchidées.
  • Certaines parties proches des arbres ne sont fauchées qu’une fois par an, en octobre ou novembre. Ces zones offrent une source d’alimentation aux oiseaux par les insectes qu’ils consomment, mais permet également à certaines espèces d’oiseaux de nicher (verdier d’Europe, huppe fasciée, linotte mélodieuse…). Elles accueillent également de nombreux insectes butineurs (abeilles, papillons…).
  • Enfin, des secteurs qui ne sont fauchés que tous les trois ans, avec donc une végétation plus haute et plus dense qui offrent une zone de refuge aux petits mammifères (souris, mulots…), aux reptiles et amphibiens et surtout aux insectes (criquets, sauterelles, grillons), très utiles pour les oiseaux pendant la nidification, lors du nourrissage des jeunes.

Cette gestion secteur par secteur, appelée gestion différenciée, s’avère donc être une des actions les plus propices pour la biodiversité à mettre en place dans un Refuge, avec un coût minime et une grande facilité. Les trois habitats différents créés sur ce Refuge permettront donc de multiplier le nombre d’espèces présentes sur le site. Le verdict aura lieu en cette fin d’année 2020, durant l’évaluation menée au terme des 5 ans de la durée de la convention. Mais d’ores et déjà, les orchidées sont revenues dès la première année, tout comme les habitants et les touristes de passage qui peuvent désormais profiter d’un cadre remarquable, dans le respect de la biodiversité qui les entoure.