Faucon crécerelle (Falco tinnunculus)

Le Faucon crécerelle Falco tinnunculus est sans doute le rapace diurne le plus connu et le plus abondant en France. Il appartient à la famille des Falconidés, qui regroupe également le Faucon pélerin, le Faucon hobereau, le Faucon émerillon... Les Falconidés se caractérisent par des ailes effilées, une tête ronde, des yeux sombres et un bec relativement court et crochu.

  • Nom anglais : Kestrel
  • Famille : Falconidae

Description

  • Longueur : 32-35 cm
  • Envergure : 68-78 cm
  • Poids : 200 g
  • Longévité : 16 ans max.

Chez les adultes, le plumage du mâle diffère de celui de la femelle. Il n’y a pas de variation saisonnière du plumage.

Sa silhouette en vol est caractéristique, surtout lorsqu’il vole sur place en « Saint Esprit ». Ses ailes sont longues et pointues, sa queue très longue et arrondie. Le dessus est roux avec quelques taches brunes (plus marquées chez la femelle) et la pointe des ailes brun foncé. La poitrine et le ventre sont crème, rayés et tachetés de brun noir et le dessous des ailes blanc tacheté de noir.

Chez le mâle, la tête et la queue (terminée par une large bande noire) sont gris bleu. La femelle a la tête roux pâle et une queue rousse barrée de noir. La moustache du mâle est mieux marquée que celle de la femelle. Les jeunes oiseaux sortis du nid ressemblent fortement à la femelle.

Risques de confusion
La confusion est possible avec le Faucon hobereau Falco subbuteo (queue plus courte, ailes plus aiguës, roux uniquement au bas-ventre), l’Epervier d’Europe Accipiter nisus (même taille, mais silhouette très différente : queue plus longue, ailes larges et arrondies au bout).

Alimentation
La nourriture du Faucon crécerelle est constituée à 95% de petits rongeurs (Campagnol des champs, Campagnol agreste, souris, mulots, ...). Lorsque ceux-ci viennent à manquer, il s’attaque alors aux petits passereaux blessés ou aux jeunes. Il se nourrit également plus rarement de lézards et de gros insectes. Sa technique de chasse est caractéristique : il se maintient immobile, à 10 ou 40 m de hauteur dans la figure dite du « Saint-Esprit », tête inclinée vers le sol. Dès qu’il a repéré une proie, il fonce à terre pour l’enserrer et l’achever d’un coup de bec sur la tête. Le dépeçage des rongeurs se fait sur place ou sur un surplomb (appelé « lardoir »). Les insectes sont dépouillés des grosses pièces chitineuses avant d’être consommés. Il peut parfois chasser à l’affût, perché sur un piquet de clôture ou tout autre perchoir élevé, mais il revient rapidement à la méthode du vol du « Saint-Esprit ». Il peut chasser ainsi de l’aube jusqu’au crépuscule.

Habitat
Le Faucon crécerelle s’adapte aux climats et aux milieux les plus divers, du niveau de la mer à la haute montagne (jusqu’à 3000 m). Les seules conditions requises sont qu’il puisse chasser sur des espaces dénudés, à végétation rase ou peu élevée, et se reposer sur des perchoirs dominants. Sa présence est également conditionnée par celle de campagnols et de sites de nidification favorables. Il est à l’aise dans les régions cultivées plantées d’arbres épars. Il est régulier en lisière de forêt mais évite les grands massifs boisés. Il niche également sur les grands édifices urbains.

Nidification
Territoire Le Faucon crécerelle a une grande tolérance vis à vis de ses semblables et d’autres petits rapaces. Ainsi, les intrus peuvent s’approcher du nid sans danger jusqu’à 20 mètres. Plusieurs couples voisins peuvent d’ailleurs exploiter le même territoire de chasse sans donner lieu à des querelles. Généralement ce territoire de chasse se trouve aux environs immédiats de l’aire de nidification mais, son rayon d’action peut s’étendre à 3 km autour de celle-ci. Lorsque des Corneille noires, des Buse variables ou d’autres prédateurs plus grands tels que l’Aigle royal s’approchent trop près de son territoire, il se manifeste par des attaques en piqué et des harcèlements criards.

Chez les sédentaires, le couple reste uni toute l’année, voire toute la vie. On peut le voir nicher dès l’âge de 1 an. Lors des parades nuptiales, au printemps, le couple décrit des cercles en l’air, le mâle feint d’attaquer la femelle et l’entoure de cercles serrés. Il lui présente des offrandes tantôt en plein vol tantôt en se posant près d’elle avec les ailes haut levées et finit par s’accoupler. L’étape suivante est la recherche du lieu de nidification. C’est le rôle du mâle qui cherche un nid déjà construit par un autre oiseau (le plus souvent un corvidé). Quand il n’en trouve pas, la femelle peut pondre sur une corniche ou tout autre endroit suffisamment haut (pylône électrique, bâtiment...) ou même à terre. Quand le nid se trouve dans un arbre, il est situé en lisière de bois à moins qu’il ne soit isolé.
La ponte se déroule généralement à la mi-avril. La femelle reste alors au nid pour couver les 3 à 6 oeufs durant 27 à 29 jours (on a remarqué une corrélation entre le nombre d’oeufs et l’abondance de campagnols). Pendant ce temps, le rôle du mâle est de chasser, mais il couve aussi parfois les oeufs durant les courtes absences de la femelle. A la naissance les oisillons pèsent 14 g. Ils quitteront le nid au bout de 27 à 32 jours. Dès le mois de juillet les jeunes faucons deviennent indépendants.
[modifier] Répartition et migration

On trouve le Faucon crécerelle dans la presque totalité de l’Eurasie et de l’Afrique. Il existe des espèces voisines à l’espèce européenne un peu partout dans le monde sauf dans les pays trop froids (Islande, Groenland ...).

Selon les régions, le faucon crécerelle est soit sédentaire soit migrateur. Dans les pays à hiver doux ils sont plutôt sédentaires et sont rejoints par ceux qui fuient les territoires plus froids. Ainsi, les populations du nord et de l’est de l’Europe sont migratrices et le nombre de sédentaires augmente en direction du sud. Les adultes mâles sont plutôt sédentaires.
Pour les migrateurs, les départs commencent fin août pour culminer fin septembre. Chacun voyage isolément et franchit les hautes montagnes, même par mauvais temps, survole la mer Méditerranée et le Sahara. Ainsi, l’aire d’hivernage des crécerelles européens va de la mer Baltique jusqu’à l’Afrique équatoriale. Le retour s’échelonne de mi-février à mi-avril avec une période plus active en mars.

Statut

  • Espèce intégralement protégée (loi sur la protection de la nature du 10 juillet 1976)
  • Malgré cela, de nombreux Faucons crécerelles sont encore victimes de leur mauvaise réputation non fondée de « becs-crochus nuisibles » et se font abattre ou sont menacés par les produits chimiques toxiques de l’agriculture. Ce qui est d’autant plus dommage qu’en réalité ce sont des auxiliaires du cultivateur car grands consommateurs de petits rongeurs.