Je transforme mes déchets organiques en compost

Avoir un compost dans son jardin c’est offrir un milieu de vie et de la nourriture pour une grande diversité d’animaux sauvages. Il attire de nombreux insectes, vers de terre, oiseaux,… Il joue à lui seul le rôle d’un petit biotope [1] ! Et c’est bien sûr, une excellente solution pour réduire le volume de ses déchets ménagers.

De plus, cela permet (une fois mélangé à la terre du jardin) de fabriquer son propre terreau qui remplace ceux du commerce. En effet les terreaux vendus contiennent pour la plupart de la tourbe directement extraite de milieux fragiles et d’une grande richesse écologique : les tourbières [2]. C’est donc un geste fort pour l’environnement à plus d’un titre.

Le compost est un incontournable du jardin écologique. Il permet de recycler directement et localement les épluchures de cuisine ou encore les coquilles d’œufs. Cela évite de les jeter dans la poubelle grise [3] qui aboutit dans les centres de traitement des déchets en consommant du carbone et de l’énergie fossile. Au jardin, nous conseillons de ne pas tailler et de laisser les herbes hautes et de fleurs sauvages. Si toutefois vous voulez tondre (après fin juillet) ou bien tailler (en automne), vous pouvez laisser sur place les résidus de tonte , les branches mortes ou encore les feuilles [4], quitte à en faire de petits tas qui seront très utiles pour le hérisson d’Europe par exemple (voir le geste sur comment aménager son jardin pour accueillir la faune sauvage) ! Cependant, en fonction de l’espace disponible et de la quantité de résidus, il est possible d’en mettre une partie dans le composteur.

Le compost, producteur d’un engrais écologique et naturel de première qualité !

Le compost décompose les débris végétaux en matière minérale simple comme l’azote, le carbone, sous l’action de bactéries, des champignons, d’algues et d’une foule de petits organismes (vers, collemboles, insectes,…). Le compost "mûr" obtenu est le résultat de la minéralisation et il est de première qualité pour les plantations. Ainsi, 1 cm3 de compost contient plus de trois milliards de micro-organismes. Pour activer la fermentation, il est possible d’y mettre les coquilles d’œufs, le purin d’ortie ou de consoude.

Où et comment faire le compost ?

Le composteur classique est un container en bois (consultez notre tuto pour fabriquer un composteur), ouvert dessus et sur les côtés car le compost doit être aéré. Les bacs en plastique fermés sont à bannir. Installez le composteur à l’ombre, dans un endroit frais et à l’abri du vent. La proximité d’un arbuste comme un pied de sureau est un plus : cela permet de garder l’humidité en saison sèche. La base du compost (terre) doit être en contact direct avec le sol pour permettre aux différents organismes de remonter à l’intérieur (lombrics). Il est également conseillé de ne pas le couvrir afin que la pluie maintienne un bon taux d’humidité.
Avec un peu de recul, vous trouverez le bon équilibre entre les matières azotées (épluchures, plantes fanées, résidus de tonte…) et carbonées (petites branches, écorces…). Attention, dans les composts de nos habitations, les matières azotées sont souvent très présentes. Pour retrouver l’équilibre, de la paille ou du carton non encré et sans traces de colles ou rubans adhésifs peuvent être incorporés.
Pour les petits espaces (balcons, terrasses, …) vous pourrez vous orienter vers le lombricomposteur, container permettant le recyclage à petite échelle des déchets organiques sous l’action de vers de fumier ou de « compost » Eisenia fetida qui se nourrissent exclusivement de matières organiques.

Sur le compost je peux mettre…

Les épluchures (sauf agrumes), marc de café, coquilles d’œufs, filtre en papier, mouchoir en papier, cendres de bois, sciure, copeaux, fanes de légumes, légumes pourris, feuilles, herbes fauchées, petites brindilles…

Ne jamais disposer de restes de nourriture tels que du lait, viande, fromage… ce qui attirerait les rats !.
Composteur en bois, ouvert par le dessus © LPO Oise
Composteur en bois, ouvert par le dessus © LPO Oise

Les habitants du compost

Ils sont nombreux et c’est une aubaine pour la petite faune : Sur le compost viennent se nourrir le rougegorge familier, l’accenteur mouchet, le bruant jaune et bruant zizi, le merle noir, la grive musicienne en quête de petites graines et d’insectes. La fermentation au cœur du compost produit de la chaleur utile à l’hibernation des animaux à sang froid comme l’orvet fragile, le crapaud commun,… Les invertébrés ne sont pas en reste et ce sont les plus nombreux : larves blanches de la cétoine dorée (dont l’adulte participe à la pollinisation en grignotant les étamines des fleurs), mille-pattes, lombrics (très utiles pour aérer le sol), limaces (très appréciées du hérisson)… et beaucoup d’autres !

Vous voilà paré : une fois votre "engrais fait maison" formé dans la partie basse du composteur, il peut être mélangé à la terre du jardin et utilisé pour planter des arbrisseaux [5] sur votre terrain par exemple. Vous avez ainsi agit concrètement pour un modèle durable de recyclage des déchets organiques !


[1Milieu biologique uniforme propre au développement d’une ou plusieurs espèces.

[2Ecosystème fragile d’eaux stagnantes où la décomposition de la matière organique est considérablement ralentie ou stoppée, colonisé par une végétation spécifique (sphaigne (mousses), droséras (plantes carnivores), spiranthe d’été (orchidée)), ainsi que par des espèce animales patrimoniales comme l’engoulevent d’Europe ou la cordulie arctique (libellule).

[3Environ 1/3 des déchets contenus dans la poubelle grise pourrait être composté en France.

[4Les résidus végétaux laissés sur place permettent d’enrichir la matière organique du sol, également composée d’organismes vivants, d’animaux et de produits en décomposition. Elle ne représente, en général, qu’un faible pourcentage de la masse du sol (0,5 à 10 %).
Ensuite, sous l’action de l’érosion, des micro-organismes, de l’oxydation naturelle et de différents processus physico-chimiques, la matière organique se transforme en matière minérale.

[5Veillez à utiliser des essences indigènes, produites localement, plus favorables à la biodiversité : aubépine, noisetier, viorne obier, charme, troène commun, érable,...