Je favorise la circulation de la faune sauvage

Les activités humaines et les infrastructures qui en découlent tels que les bâtiments et la voirie, morcellent le territoire, fragmentent voire détruisent les milieux, rendant plus difficile la vie et la circulation de la faune sauvage.

A plus petite échelle aussi, la question se pose, et précisément dans nos jardins.

Nos jardins sont trop souvent cloisonnés. Les cloisons qui les séparent sont des barrières infranchissables pour la faune sauvage terrestre (hérissons, crapauds, tritons, salamandres, cloportes, etc.).

Le passage d’un jardin à un autre devient impossible à cause des murs qui séparent le terrain de celui du voisin, ou encore du portail trop bas, des mailles de grillage trop étroites, ... Hérissons, crapauds et bien d’autres voient leurs territoires se réduire alors que leurs vies-mêmes dépendent de leurs habitats et de leur circulation au sein de leurs habitats. Ils se déplacent pour se nourrir, élever leurs petits, trouver l’endroit le plus propice à leur reproduction ou à leur hibernation. Leurs déplacements sont vitaux ! Par exemple, le hérisson parcourt entre 3 et 4 km chaque nuit ! Les jardins, parcs et terrains sont aussi l’habitat de la faune et la flore sauvages, cohabitons !

Relions nos jardins

Nous avons pris l’habitude de cloisonner nos jardins mais par quelques gestes simples, nous pouvons les reconnecter entre eux. Faites le tour de votre jardin et identifier les endroits où vous pouvez le décloisonner :

  • Plutôt qu’une palissade, un grillage ou encore un mur qui sont des obstacles qui entravent voire empêchent tout simplement la circulation de la faune, plantez une haie champêtre diversifiée (non pas une haie d’une seule espèce mais avec des espèces variées et locales telles que l’aubépine, le noisetier, la viorne, le sureau, etc.). Vous ferez d’une pierre deux coups en permettant à la faune de circuler et en lui apportant le gîte et le couvert.
  • Vous pouvez agrandir les mailles de votre grillage à hauteur du sol pour y créer des petits « passages à faune » (de 15 x 15 cm) en prenant soin de recourber les tiges de fer pour qu’aucun animal ne se blesse ou encore créer un passage dans votre palissade en bois.
  • Si votre jardin est entouré de murs et qu’il vous est impossible d’y créer un passage ou de le déconstruire (après tout, c’est possible aussi !), rehaussez vos portes et portails de jardin pour y laisser passer les petits mammifères (toujours à 15 cm de hauteur).
  • Lors de la taille des arbres (si vous voulez à tout prix tailler, c’est uniquement en hiver que vous pouvez le faire !), pensez aux écureuils roux et laissez une branche s’échapper vers l’arbre des voisins, avec leur accord [1] . Ces voltigeurs hors pair, pourront ainsi se déplacer plus facilement et échapper à leurs prédateurs au sol.
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Si chaque voisin, chaque entreprise, chaque parc public offre la possibilité à la faune sauvage de circuler librement, chacun participe ainsi à la construction d’un réseau de continuités écologiques terrestres, c’est-à-dire d’une mosaïque de milieux préservés.

Un dernier conseil : En dehors de chez nous, sur la route, soyons vigilants et levons le pied : de nombreux animaux sont contraints « d’emprunter » nos voiries pour circuler d’un milieu à un autre et énormément sont écrasés chaque année : ce n’est pas le chevreuil qui traverse la route mais la route qui traverse la forêt !


[1Aussi, pour toute haie ou mur mitoyen, pensez à faire les choses en accord avec vos voisins et dans le respect de la législation.