Je contribue aux programmes de sciences participatives

Les programmes de sciences participatives permettent d’impliquer le grand public dans la connaissance de la biodiversité et s’adressent à tous, que vous soyez amateur ou spécialiste. Participer à ces programmes, aussi appelés « observatoires », consiste à renseigner vos observations : oiseaux, mollusques, plantes, insectes pollinisateurs… Chacun selon son centre d’intérêt peut contribuer sur la base du volontariat à fournir, sur des plateformes en ligne, ses observations dans un jardin, un parc public ou dans la nature.
En saisissant vos observations de la biodiversité qui vous entoure, vous participez à la collecte de données et d’informations essentielles qui contribuent à faire avancer la recherche scientifique. L’objectif de ces programmes est de mieux connaître la biodiversité car mieux on la connaît, mieux on peut la protéger. L’intérêt pour les scientifiques est de récolter beaucoup de données qui permettent d’affiner les connaissances sur les espèces.
Vous sont ici présentés les observatoires nationaux les plus connus rattachés à la LPO.

Quels sont les programmes de sciences participatives ?

Observatoire national des Oiseaux des Jardins
L’observatoire participatif des « Oiseaux des Jardins » (ODJ), co-réalisé par la LPO et le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) [1] a pour objectif de mieux connaître les populations d’oiseaux communs. Les données récoltées permettent de mieux estimer les espèces en augmentation ou celles qui régressent au niveau national. Le principe est simple. Sur le site web www.oiseauxdesjardins.fr, il suffit de « créer » un jardin dans lequel vous saisissez vos observations d’oiseaux. Une observation d’oiseau constitue une donnée. Pour aider l’observateur débutant à identifier les oiseaux, des Fiches espèces, les oiseaux des jardins ainsi qu’une fiche d’aide au comptage Fiche de comptage sont disponibles en ligne.
Le protocole de comptage invite à ne pas compter deux fois le même individu. Il suffit de reporter ses observations (nombre d’oiseaux comptés par espèces), ainsi que la durée de l’observation sur le site Oiseaux des jardins. L’observatoire des oiseaux des jardins organise deux grands comptages nationaux annuels, le dernier week-end de janvier pour le comptage hivernal, et le dernier week-end du mois de mai au printemps.

BirdLab : jeu participatif d’observation des comportements des oiseaux en hiver
BirdLab est une opération de sciences participatives associant jeu et observation sur smartphone, qui a pour objectif de mieux comprendre les comportements des oiseaux en hiver (de novembre à mars). BirdLab est un programme ludique créé en 2014 par le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) dans le cadre du réseau VigieNature, en partenariat avec la LPO. Le jeu consiste à l’aide de l’application BirdLab, à indiquer tous les oiseaux visitant deux mangeoires identiques placées à faible distance l’une de l’autre (1 à 2 mètres d’écart) et contenant exactement la même nourriture (graines de tournesol ou boule de graisse). A l’aide de sa tablette ou de son smartphone dans lequel vous avez téléchargé l’application BirdLab, vous devez reproduire uniquement les déplacements des oiseaux qui se posent sur les mangeoires. Vous pouvez jouer aussi souvent que vous voulez de novembre à mars. Les données sont directement enregistrées au Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN). Pour plus de renseignements, rendez-vous sur BirdLab !

Enquête Mission Hérisson
La Mission Hérisson est un programme national lancé à l’été 2020 qui porte spécifiquement sur le hérisson d’Europe. Ce petit mammifère souffre du morcellement de ses territoires, des collisions routières, des pesticides ou encore des tondeuses à gazons. A ce jour, nous ne connaissons pas exactement l’état de santé de sa population en France. L’objectif de cette enquête nationale, élaborée par la LPO et le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) est d’obtenir des chiffres concrets pour évaluer ses populations. La mission consiste à suivre la présence de l’espèce partout en France par le biais de tunnels à empreintes.
Le tunnel est à poser 5 nuits de suite dans son jardin. Chaque matin, vous devez relever les empreintes. Pour cela, de la nourriture pour chats doit être placée à l’intérieur, et, de part et d’autres des bandelettes couvertes de peinture végétale doivent être placées. Cette opération peut être renouvelée en attendant un délai de 6 semaines entre chaque relève. Le tunnel devra toujours être placé au même endroit. Il est important de ne pas laisser de nourriture dans le jardin hors période d’étude à la fois pour ne pas « apprivoiser » les hérissons résidents ou bien attirer les chats. Cette enquête permet également d’observer les empreintes d’autres espèces telles que le lérot, la fouine ou encore l’écureuil roux.
Grâce à cette étude participative, les scientifiques pourront mettre en place un indicateur qui permettra d’évaluer l’évolution des populations de hérissons au fil des années, voire estimer l’effectif national de la population de hérisson ! Participez à cette formidable enquête !

Hérisson d'Europe jeune, une espèce étudiée de près par la LPO © Nicole Tissot
Hérisson d’Europe jeune, une espèce étudiée de près par la LPO © Nicole Tissot

Portail naturaliste Faune-France
Pour les naturalistes confirmés et ornithologues, il existe la plateforme naturaliste Faune-France, qui permet de saisir et de consulter ses observations effectuées partout en France. Ce portail s’adresse bien entendu aux amateurs mais plutôt aux experts. Ainsi les informations des enquêtes nationales y sont aussi recensées : comptage des oiseaux d’eau, atlas des oiseaux nicheurs de France, enquête sur les limicoles nicheurs… Toutes les données de faune (oiseaux, reptiles, mammifères, insectes, amphibiens, etc.) peuvent y être enregistrées en passant directement par le site internet Faune-France ou par les portails locaux (faune-charente-maritime, faune-isère, faune-occitanie, etc.) ou encore en utilisant l’application Naturalist.
Lorsque vous avez enregistré plus de 50 données, il est possible de consulter des cartes de présence/absence des espèces dans votre département. Pour contribuer à Faune-France c’est par ici.

Et aussi…

Il existe bien d’autres programmes de sciences participatives en France !
Le portail OPEN (Observatoires Participatifs des Espèces et de la Nature), permet de trouver le programme qui vous intéressera : il existe environ 200 observatoires de sciences participatives pour la France ! N’hésitez pas à vous rendre sur le site pour en savoir plus.
Signalons notamment le très intéressant programme régional de suivi des pollinisateurs sauvages SAPOLL « Sauvons nos pollinisateurs ». Ce programme participatif consiste à sensibiliser le public, mobiliser un réseau d’observateurs pour réaliser le suivi scientifique des pollinisateurs (abeilles sauvages, syrphes, papillons,…). Ce programme concerne la zone transfrontalière du nord de la France : la Wallonie, la Flandre, le Nord de la France.
Sur les plantes signalons la plateforme tela-botanica qui permet d’identifier les plantes sauvages en ligne, d’apprendre la botanique ou bien de contribuer aux carte de distribution des espèces (atlas). Il s’agit d’une plateforme francophone dont 80 % des participants résident en France.

Le bouton d'or (Ranunculus sp.) une fleur courante mais à la taxonomie très complexe © Jean-Jacques Carlier
Le bouton d’or (Ranunculus sp.) une fleur courante mais à la taxonomie très complexe © Jean-Jacques Carlier

Pour conclure

Depuis environ 10 ans qu’existent ces programmes de sciences participatives, des millions de données ont été collectées. Ainsi, grâce à l’implication des citoyens (les anglais appellent cela « Citizen Science »), les scientifiques avancent dans leurs recherches aux niveaux national et européen. Ils peuvent connaître les dates d’arrivée des migrateurs, évaluer les populations d’oiseaux d’eau ou hivernantes, dresser des cartes de distribution par espèce, réaliser des atlas de la faune ou de la flore, évaluer la rareté des espèces et lancer les mesures de protection et de conservation nécessaires. Prenons le cas des oiseaux, il a été ainsi découvert que les migrateurs venant d’Afrique (toutes espèces confondues) arrivaient en moyenne 6 jours plus tôt qu’il y a 20 ans en raison du changement climatique ! Dans un monde où tout bouge très vite, les observatoires permettent de mieux visualiser les populations des espèces sauvages et d’être plus réactif pour les protéger. C’est une contribution collective pour la connaissance et la protection de la biodiversité.


[1Le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN), est un établissement de recherche, d’enseignement et musée dont la vocation première est de mieux connaitre et préserver la nature. Pour cela, il accompli cinq missions, à savoir : la recherche fondamentale et appliquée, la conservation et l’enrichissement des collections, l’enseignement, l’expertise et la diffusion des connaissances. Rendez-vous sur mnhn.fr